Grand Raid du Golfe….mi figue mi raisin

Bonjour fidèle lecteur et bienvenue futur fidèle lecteur

CR du Grand Raid du Golfe du Morbihan (177km)
Lorsqu’en janvier je me suis inscrit à cette course (pour la 2e fois), j’avais pour ambition de passer sous les 30h; pour info j’avais mis 39h23 l’an passé.

Mi mai ma prépa à été plus que perturbée par une blessure au tendon d’Achille gauche. Je revois donc mon objectif à la baisse, en visant un chrono proche des 35h (bah Oui, même blessé, je suis quand même sûr de finir….la.lucidité c’est pas mon truc 🙂 )

Nous voilà donc le vendredi 24 juin, 18h, esplanade du port de Vannes. Pour l’occasion, je suis accompagné des @LapinsRunners, de @Djodei et Ben (ami des Lapins).

Nous partons ensemble dans la joie et la bonne humeur, sous un soleil agréable. On discute, on prend le temps d’avancer sans se cramer. 

Alors que je me suis laisser distancer à la faveur d’un arrêt technique (j’ai été pisser pour ceux qui n’ont pas compris) je rejoins le petit groupe au 1er avito, kilomètre 18.

Et c’est à nouveau tous ensemble que nous repartons. Assez vite le groupe se scinde en deux. Les Lapins et Ben partent devant et je reste avec Djodei. Bien qu’il soit très plaisant de courir tous ensemble, la distance est trop exigeante pour forcer le rythme aussi tôt dans l’aventure. 

Nous arrivons au ravito du kilomètre 36 juste avant la nuit. On croise les Lapins sur la fin de leur ravito. Avec Djodei, on passe en mode nuit…manches longues et frontales, après avoir bien ravitaillé: purée jambon, chips, pain saucisson et surtout, mon kiffe sur cette course…gâteau de riz!! J’en ai pris comme ça, par hasard….j’ai kiffé ma race!!!!

Bref on repart dans la nuit sur un bon rythme. On court bien et on marche dans chaque cote pour économiser nos forces. On marche également si la phase de course est trop longue  ( mais ça arrive assez rarement) . On se fait la remarque que sur nos phases de marches, on se fait beaucoup doubler, alors qu’on essaie de marcher à allure vive.

Djodei m’annonce le kilomètre 46. Je cours sans montre, sans téléphone, sans rien, juste avec mon feeling. Comme ça je ne dis pas ‘il reste encore tout ça…’ ‘je n’ai fait que ça….’ Au moins j’avance et ne me prends pas la tête.

Il m’annonce donc le kilomètre 46….ça me pète le moral!!! Je marche. Djodei marche un moment puis repars…je continu de marcher, le temps de digérer le fait d’avoir autant couru pour avoir finalement fait si peu de bornes.

Je mets un petit moment avant de repartir.Djodei à complètement disparu de mon champs de vision.

Je fais alors un choix au moment de me remettre à courir: à partir de maintenant, je ne marche que si ça monte, en dehors de ça, or de question de marcher. 

J’adopte donc une petite foulée très rasante, qui me permet de limiter l’amplitude des mouvement de ma cheville et donc ne pas trop me faire sentir la douleur.

Du coup je me sens bien. J’avance sereinement et quasiment sans douleurs. 

Je remarque que je remonte pas mal de concurrent, à l’usure…beaucoup sont déjà en mode course et marche. Ils sont plus rapides que moi quand ils courent mais je marche beaucoup moins voir quasiment pas. Du coup je grapille lentement sans avoir l’impression de me fatiguer. Et forcément, ça met quand même en confiance.

Arrive ensuite un autre ravito (je ne sais plus le kilomètre). Je ne m’arrête pas très longtemps. Comme à chaque fois depuis le début, j’essaie de bien équilibrer la sucré et le salé. Je me mets en quête de gâteau de riz mais il n’y en à pas sur ce ravito…

Je cherche quand même si je ne tombe pas sur Djodei, mais rien. Je me dis qu’il doit vraiment être pleine bourre parce que je n’ai pas l’impression d’avoir traîné. 

Je repars et passe un long moment complètement seul. Je ne double personne et ne me fais doubler par personne.

Commencera ensuite un chassé croisé avec une runneuse qui durera jusqu’au milieu de l’après midi suivante. Et si nous avons un peu discuté, je n’ai ni son nom ni son dossard. 

Bref elle me double quand elle court et je la double quand elle marche. Et comme elle alterne beaucoup, ces va et vient n’arrêtent pas (pas de sous entendu fidèle lecteur 😉 )

Je poursuis ma stratégie en me répétant très régulièrement, ‘ne marche pas, avance…’ et ça marche pas mal.

Au ravito vers le 75e km je suis étonné de voir Djodei arriver au moment ou je repars….je suis certains de ne pas l’avoir doublé, et lui ne m’a pas vu passer…bizarre.

Une fois ce ravito passé, on est sur la fin de la nuit et le prochain arrêt correspond normalement à la mi course, et à la traversée en bateau.

Je termine la nuit dans de bonnes conditions et avance toujours en suivant ma stratégie.  Petit détail, heureusement que je connais le parcours parce que mentalement c’est un passage super dur; on voit le bateau mais on tourne et part pour une boucle de 7-8km…une torture quand on en à déjà 80 dans les jambes.

Je me souviens que l’an passé à cet endroit de la course je marchais avec de grosses douleurs sous les pieds. Aujourd’hui je cours en étant presque frais (je dis bien presque)

Ensuite, le bateau, les 4 km qui séparent du gymnase, et enfin le ravito des 90 bornes. On récupère un sac d’affaires propre que l’on à déposé au départ.

C’est un vrai moment important dans la course. On à normalement passé la première nuit et on attaque enfin le retour.

En entrant dans le gymnase, je tombe à ma grande surprise sur les Lapins et Ben. Ils me disent n’être là que depuis 5min…je ne leur dis pas mais je m’interroge. Est-ce que j’ai vraiment un bon rythme? est-ce qu’ils ont eu une défaillance?….étonnant.

En tout cas, un bon repas ( avec gâteau de riz !!), des vêtements propre et sec, quelques soins aux pieds..et c’est réparti.

Alors que Ben fait une pause, je repars avec les Lapins. Je tiens au moins 100m…et je me laisse distancer. Carole est alors 3e au classement et espère rattraper la 2e. Ils avancent donc à une très belle allure, trop belle pour que je la suive. On à Quand même déjà fait 90km et je ne suis plus capable de tenir leur rythme …en même temps, n’est pas Lapin qui veut!!! 🙂

Je maintiens donc ma stratégie. Il fait maintenant très chaud, et les passages ombragés font pas mal de bien. Je commence à sentir une légère surchauffe au niveau du tibia droit. Mais pour l’instant ça avance.

Ravito du 104. Je croise les Lapins sur la fin de leur ravito. Je prends un peu de temps. Et repars. Ça roule toujours. Je suis toujours en chassé croisé avec la runneuse…ça fait une sorte de distraction. Est-ce que je vais la doubler bientôt? Est ce qu’elle va déjà me rattraper?

J’arrive au ravito du 120. Jambon purée, pain saucisson, et madeleines…que j’ai trouvé super bonnes!!! Et je me gave encore de gâteau de riz. Au moment de repartir, je sens les cuisses un peu dures. Je prends donc le temps de m’étirer.

Je croise Ben qui me rattrape. Il à l’air en pleine forme.

Et comme le dirait Dubosc: soudain c’est le drame. Très vite, je dirais après 2-3km je sens un gros coup de fatigue…le truc assomant…

Je me couche donc dans l’herbe, à l’arrache sur le bord de la route. Je suis réveillé pas un runner qui s’inquiète de me voir en vrac, presque dans le fossé. Je me lève péniblement et repars. Mais là douleur au tibia est maintenant très présente.

Jalterne beaucoup plus le périodes de marche et moins de course. Et les périodes de marche sont de plus en plus longues.

Quand je marche, le tibia tire  vraiment et quand je cours je commence à avoir mal au tendon d’Achille. Je ne sais pas ce qui m’a fait basculer, mais ça s’est fait très rapidement, presque brutalement.

Ce qui est frustrant c’est que musculairement ça va.

J’arrive péniblement au ravito du 136. Il est 17h30 ( pour ceux qui ne seraient pas matheux, ça fait 23h30 de course). Je vais directement voir les pompiers pour pouvoir dormir. Je leur demande de me réveiller dans 30min. Mais malgré la fatigué, impossible de dormir, mon tibia me lance trop. Je signale alors mon abandon. Et là, surprise…Les pompiers me demandant de ne pas abandonner, d’essayer de me forcer un peu pour arriver au ravito suivant, au kilomètre 158, auquel il y à des podologue…je maintiens mon abandon les larmes au yeux… déçu d’abandonner, en colère de ne pas être plus courageux….mais un pompier insiste….et m’accompagne pour manger un morceau….

Les 1er du 56 passent à toute allure….je m’assois un moment et décide finalement de repartir…ça monte alors je marche. Lentement et laborieusement…les concurrents du 56 ont presque tous un petit mot d’encouragement ou de félicitation….

Ça booste. Et puis il y à du monde au bord des routes. Tout le monde encourage le jaune que je suis…je suis refais et me remet à courir.

(NB: les coureurs de 177 ont un dossard jaune et ceux du 56 un rouge, c’est grâce à cette différence que je suis autant encouragé par les spectateurs mais aussi les coureurs du 56)

Et là commence un véritable calvaire. Je pense réussir à faire du marche /course pendant 3km, pendant que c’est à peu près plat. Et ensuite, ça remonte, alors je marche….et je n’arriverais pas à me remettre à courir. impossible de courir. 

Je marche vraiment très très péniblement. Dans me tête beaucoup de choses se bousculent. Est-ce que je continue au risque de me blesser vraiement très fort? Est-ce ce que j’essaie de m’arracher coûte que coûte pour etre finisher? Est ce que mon plaisir d’être seulement finisher (sans remplir l’objectif) vaut vraiment le niveau de douleur et de souffrance?

Bref le gymnase du km 158 ne semble pas se rapprocher alors que la nuit, elle, semble tomber assez rapidement…du coup des questions s’ajoutent. Est-ce que j’ai la force de faire une deuxième nuit mais cette fois totalement en marchant, dans la souffrance pour ne même pas atteindre l’objectif….Je pense aussi aux Lapins, Ben et Djodei…ils ont tous l’air d’avoir un mental pour être finisher…je vais être celui à qui on va dire ‘c’est déjà bien d’avoir fait tout ça’

Lorsque que j’arrive au ravito une runneuse du 56 me double en me disant ‘lève la tête, sois fier de ce que tu fais…158km, c’est énorme….’ mais en me disant ça, elle me fait monter les larmes aux yeux…je le sais, je vais abandonner..je n’arrive donc pas être fier. Je m’en veux de me sentir minable d’arrêter et de susciter quand même un peu d’admiration….

Je me rends directement au podologue. Il me confirme que j’ai la tendon releveur très enflé et qu’il ne serait pas très prudent de repartir….un dernier gâteau de riz pour la route.

Je signale mon abandon au pointage. Négocie pour avoir une navette assez rapidement. Je co-voiture avec 2 coureurs du 56 qui s’arrêtent également. 

Je m’endors dans la navette, bataille pour arriver jusqu’aux douches. Pendant la course, même quand tu galères tu avances..une fois la course finit, la motivation, la concentration, la pression..tout retombe. Et 100m de marche peuvent vraiment être une véritable épreuve.

Après quelques heures de sieste dans la voiture, je rentre sur Paris.
Mon sentiment sur cette course est donc surprenant, bizarre. Malgré l’abandon, je suis fier de ma gestion de course. C’est quand même un paradoxe…fier de sa gestion quand on abandonne…

Musculairement, rien à signaler, presque frais. Niveau ampoule et douleurs sous les pieds, RAS l’élasto, judicieusement placé à fait le job. Le crème NOK m’a évité les irritations dans des zones inconfortable (à l’intérieur du caleçon en l’occurrence). C’est vraiment les douleurs aux tendons qui étaient devenues insoutenables, rien d’autres.

Ma gestion de la nourriture. Aux ravitos mais aussi le perso ou je testais du salé avec riz et poulet en tranche. Pas de problèmes gastriques (un peu de poésie 🙂 ) ni de fringale.

Je suis également content d’avoir réussi à tenir aussi longtemps alors que j’étais parti blessé. En y réfléchissant, c’est pas super intelligent de partir blessé, mais c’est une grosse course que j’avais en tête depuis presque un an..et qui n’a lieu qu’une fois par an. Alors en étant seulement affaibli, hors de question de ne pas m’engager!

Néanmoins ça reste un abandon. Un échec. Si j’avais été plus courageux, plus fort mentalement, j’aurais fini en marchant…et vu l’avance que j’avais par rapport à l’an passé je battais largement mon record….mais sur le moment, je ne voyais que la douleur, associée à la longueur de la nuit. Le fait de marcher seul, dans la noir complet, juste avec la frontale….j’en avais pas la force.

En tout cas je ne referais pas cette course en 2017. Je veux en faire d’autres pour l’instant. J’y reviendrais à coup sur 2018 ou 2019… d’ici là j’ai le temps de voir venir. 

Mais ce qui est sûr, c’est que si min fantasme ultime de runner de faire péter  les 3h30 sur marathon, passer sous les 30h à l’ultramarin devient pour moi une réelle ambition.

En cliquant ici et  tu pourras  voir les vidéos des Lapins.

En cliquant ici tu verras la vidéo de Djodei

Inutile de ménager le suspens, je suis dans les 2 🙂
A bientôt et bon running.

Mieux vaut tard que jamais

Bonjour fidèle lecteur et bienvenu futur fidèle

En cliquant ici tu pourras enfin voir la vidéo de l’Ultramarin.

J’ai hésité.
Soit je mettais plein d’images….
Soit je mettais l’accent sur mon ressenti.

Finalement j’ai décidé que je n’étais l’office du tourisme 🙂 donc tu auras surtout mon ressenti. ..enfin ma souffrance. .ou plutôt ma déchéance 😉

En tout cas je me suis dit qu’il etait intéressant de montrer les différents états que l’on peut traverser sur une course aussi longue.

Voilà.

A bientôt et bon running.

Grand Raid du Golfe du Morbihan: je l’ai fait!!!!

Bonjour fidèle lecteur et bienvenu futur fidèle lecteur.

CR du Grand Raid du Golfe du Morbihan

Pour rappel cette course est une boucle de 177km limitée a 42heures. Tout au long du parcours, il y a des ravitos, espacés de 15 à 20km, dont certains servent également de barrières horaires.

Pour ma part, mes 3 dernières semaines ayant été perturbées par des douleurs au tendon d’Achille gauche, je suis un peu pessimiste sur le déroulement de la course.
Par contre, mentalement je suis gonflé à bloc. Premièrement la barrière horaire me fait dire que même en marchant je peux aller au bout. Mais surtout mon récent echec a Steenwerck me pousse à ce que ça n’arrive pas 2 fois.

Le jour J tout se passe bien. J’arrive a Vannes a 13h17, je récupère vite mon dossard, trouve une cantine pour manger et me dirige vers les vestiaires.
Il n’est que 15h30 mais je suis déjà habillé. J’ai ainsi évité la cohut dans les vestiaires, et je peux me vautrer dans l’herbe a l’ombre près de l’arche de départ.

Et c’est là que ma course a commencé. Je porte mon maillot de foot du Kenya et mon short H&M tout nouveau, offert par mon fils pour la fête des pères.

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Je suis conscient que ça ne renvoi pas l’image d’un runner aguerri…et je vois que bon nombre de runner se demandent ce que je fais là.
Je me sers de ça pour me motiver encore plus en me disant : ‘ je vais vous montrer de quoi je suis capable’ (je sais c’est stupide mais on se motive comme on peut)

A 17h, le départ est donné. Un départ fictif, qui propose une petite boucle dans la ville façon tour de France….c’est blindé de monde. Et on repasse par la ligne pour le départ réel.

Le peloton s’étire très rapidement. Chacun étant bien concentré sur son objectif, tout le monde a bien conscience qu’un départ rapide, c’est l’échec assuré.

J’essaie donc très tôt d’appliquer la stratégie ( et oui j’ai une stratégie quand même): courir lentement au feeling (car pas de montre) sur le plat et dans les descentes, et marcher quand ça monte ou que je cours depuis trop longtemps.

La 1ere portion se passe bien. J’arrive au ravito du 16e km en 2h16. J’ai un peu mal au tendon mais c’est très gerable. Il fait encore bien jour et les paysages traversés sont magnifiques.

Le prochain ravito se trouve au km36. Tout au long de la course il a été essentiel pour moi de savoir ou étaient les ravito. Car sans montre ni Gps, ça me donnait quand même un repère.

Bon nombre de runners fonctionnent également en mode cyrano (marche et course pour les moins culturés d’entre vous 🙂 ). Du coup on passe son temps a croiser les même personne. ..et tout le monde ou presque se retrouve au ravito.

2e ravito justement. Le premier avec des plats chauds. Sous une immense tente, tous les runners sont attablés dans une ambiance de colonie de vacances. On n’a fait que 36km, il fait très bon, pas encore nuit et on mange un plat chaud.

A chaque fois on échange sur la distance du prochain ravito, ainsi que des différentes barrières horaires.

Je repars équipé de ma frontale car la nuit commence bientôt.

Et effectivement la nuit tombe vite, et je perds énormément de temps dans des sentiers côtiers ou les racines sont extrêmement nombreuses. Je préfère evoluer lentement pour ne pas me vriller une cheville.

Au ravito suivant, l’ambiance ressemble beaucoup plus a un film de zombie…une petite tente sur un parking assez peu éclairé, des runners allongés sur le sol, avec la couverture de survie en guise de drap, et surtout pas un bruit…..
Les visages commencent à être fermés, et on se signale par une simple grimace que c’est déjà dur.

Pour ma part ça va encore, je repars en poursuivant ma stratégie. Depuis pas mal de kilomètres, j’ai une foulée très courte et très rasante, qui ne sollicite pas le tendon. Enfin, on va dire que je ne ressens pas de douleurs a chaque foulée.

Je suis en de plus en plus seul. Grâce aux lampes frontales, on voit parfois des runners au loin, ou on en croise de l’autre côté de la rive, mais finalement on ne partage que très peu de kilomètres ensemble. Chacun reprends vite son rythme après avoir échangé 2-3 mots pour connaître l’état de forme.

J’ai beaucoup de mal a me rappeler des distances séparant les ravitos durant cette 1ere nuit.

Mais je me souviens assez bien de ce dernier ravito avant que le jour se lève.
Très peu de banc pour s’asseoir, pas de table…je ne suis pas très a l’aise pour remplir ma poche a eau ( pour cela je dois vider mon sac). Du coup, ca me fatigue, m’agace et me scie les jambes.
Quand je repars j’ai un petit coup de fatigue dans les jambes, alors je marche pour laisser passer l’orage et mange de la pate d’amende pour le kif 🙂
Et a un moment ça repart.

Il fait maintenant jour, je commence a être un peu fatigué mais je tiens le coup.
Une bénévole m’annonce le bateau dans 9km.
Le bateau, c’est la mi course, le lieu a partir duquel on commence le décompte des kilomètres. Et on prend réellement le bateau pour une petite dizaine de minutes.

Et d’un coup je sens que je n’ai plus de jambes….je marche très lentement.
Et c’est bien connu, il suffit qu’un grain de sable vienne gripper la machine pour que tout se détériore.
Du coup mon sac me gêne beaucoup…je sens les irritations qui m’arrachent une partie du dos.
Et je commence a avoir mal sous les pieds…comme si les semelles de mes chaussures étaient déjà complètement usées.
Je marche a 2 a l’heure, me fatigue quand même. ..donc le moral prend un vrai coup.

J’arrive tant bien que mal au bateau. J’ai l’impression d’avoir mis 2h pour faire les 9km.

Après le bateau, ça va un peu mieux, je reprends mon rythme marche/ course…pendant 3km..et re-coup de mou. Le gymnase de mi course est a 3km encore….interminable!
Je me sens vraiment faible.
A 800m du gymnase, une bénévole propose qu’on vienne me chercher…hors de question!!

9h05, enfin le gymnase de mi course. Celui ou on récupère un sac laissé plus tôt au depart…

Je ne récupère pas mon sac tout de suite, je me couche dans l’herbe, au soleil pour ne pas avoir froid, et programme un reveil 30min plus tard. Mais impossible de dormir. En allant vers la salle pour manger, je tremble et me sens faible. ..une dame me voit claquer des dents, et me ramène une assiette de purée avec beaucoup de sel…j’en reprendrais une 2e puis une 3e.
En fait je n’étais pas fatigué de sommeil mais fatigué par manque d’énergie.

Ensuite, je me change complètement, refais mon sac et fini de manger.

Je repars après un ravito de pres de 2h.
Il est alors 11h et il fait une chaleur de fou.

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Je reprends mon rythme marche et course.

J’ai tenu ce rythme une bonne partie de la journée….mais au km 104 ( je crois qu’il était vers 16h), gros coup de moins bien.
Irritations et douleurs sous le pieds deviennent de plus en plus dures a gérer.

Alors je marche…lentement. ..très lentement….c’est très long. ..je commence a me demander quand je vais abandonner….parce que je ferais pas 70km en marchant comme ça.

Au km 137, on est sensé arriver a un ravito….mais ce n’est qu’un point d’eau.
Quand le bénévole m’annonce ça, j’enlève mes chaussures, m’allonge sur le sol gymnase et demande: ‘si j’abandonne ici, comment je rentre?’.
Il m’explique le déroulement et vient chercher mon dossard. ‘Non…je réfléchis encore un peu’.
Et puis il m’explique qu’il y a un ravito 6km plus loin….

Je pense a la colère que j’ai eu en abandonnant a Steenwerck…je pense aux messages que je n’ai pas envie de recevoir :’c’est déjà énorme ce que tu as fait’.

Bref, je repars en marchant. La douleur sous les pieds est vraiment atroce. Donc je m’accorde quelques pauses; je m’allonge dans l’herbe, a l’ombre d’un arbre.
Il me faudra 1h15 pour faire les 6km.

Mais ce ravito est une vraie galère…on se fait eclater par les moustiques. J’hésite a rejoindre la tente pour aller dormir…finalement j’y vais, mais il n’y a plus de lit dispo….donc je repars. Il est aux alentours de 22h et j’ai 14km a faire avant le prochain ravito qui est aussi la dernière barrière horaire ; celle ci est placée a 5h du matin.

Je marche de plus en plus lentement. Un runner me signale que je zigzague beaucoup….je suis en train de m’endormir!! Je multiplie les pauses mais en m’allongeant le moins possible pour ne pas m’endormir.

Ne pouvant pas m’arrêter n’importe pour abandonner, je continu….mais je coeur n’y est plus. Au prochain ravito, stop!!

C’est a 2h du matin que j’arrive au dernier ravito. J’ai mis 4h poir faire 14km. ..je n’en peux plus.

Dans mon esprit, on a beau être au km 157, il est clair que je vais abandonner. Impossible de faire les 20km restant d’une seule traite.
Je me laisse quand même une sieste d’une heure.
Je trouve un lit et m’endors direct. Après 55 min de sieste. Je vais manger un peu avant de signifier mon abandon a un bénévole. Celui ci me dit qu’il y a un pointage dans 2km, puis un autre 8km plus tard.
Ca change tout. Je n’ai pas a faire 20 bornes d’un coup mais 3 étapes de 2 -8 et 12km…

A 3h20, je repars. La barrière était a 5h…je n’ai plus beaucoup de marge de manoeuvre.

J’arrive assez vite au 1er pointage et ne m’y arrête même pas.
Je retrouve rapidement les bords de plage après une longue période de champs…même si il faut bien avouer qu’il y a bien longtemps que je prête moins attention au paysage.

Le moral va mieux. Je ne vais pas plus vite mais par rapport a la forme du moment (on peut dire la fatigue ) j’ai l’impression d’avancer efficacement.

Le jour se leve enfin. Je viens de passer une 2e nuit dehors. ..

Le dernier pointage est passé 5h35 du matin…plus que 12km.
Une broutille.

Sauf que je n’en peux plus. Et le final est interminable.
On est à Vannes, on voit le port, on entend parfois le speaker….et pourtant a chaque on bifurque sur le chemin qui nous en eloigne le plus.
Je sais qu’on est a moins de 5km de l’arrivée mais c’est au dessus de mes forces; je multiplie les pauses allongé sur les bancs ou dans l’herbe.

Ça y est l’arche est là, de l’autre côté de la rive…plus qu’un kilomètre. Il y a très peu de monde et je suis vraiment HS.
Je n’accelere même pas.

J’approche l’arche…pas de musique, pas de speaker. ..je prends tout mon temps pour la pause photographe.

Je m’avance encore…3 spectateurs m’applaudissent.
Ça y est le chrono officiel…39h42…
L’émotion monte enfin mais même mes larmes sont fatiguées.

Je tombe dans les bras d’un bénévole qui me félicite chaleureusement. ..
On me remet mon tee shirt finisher.

C’est fini.

Je l’ai fait.
177km en 39h42. (Temps officiel ramené à 39h28’38 à cause de la traversée en bateau)

Sur le coup je suis fier de moi. Fier d’avoir été chercher des ressources mentales inconnues. Fier de ne pas avoir lâché. Fier d’être tout simplement finisher.

Et puis, assez vite finalement, je me dis que je n’étais pas assez prêt. ..que j’étais blessé. ..que j’aurais aimé courir plus. ..
Et puis le classement tombe:
Je fini 467e sur 483 arrivants.. je suis dans les 16 derniers..
Ça m’a mis un coup au moral
Il y avait quand même 776 partants donc 34% d’abandon….mais quand même dans les 16 derniers…ça m’embête pas mal.

Je veux donc une revanche!!! Sans blessure et avec une vraie grosse prepa spécifiquement tournée vers cet objectif.

Dans la partie bobologie:
-De grosses irritations dans le dos, sur les flancs et les fesses
– de grosses douleurs sous les pieds (qui sont d’ailleurs toujours presentes 1 semaine après)
-bien sûr le tendon d’Achille gauche, déjà douloureux au départ, ça ne s’est pas arrangé
-comme j’ai beaucoup marché, pas de courbatures, pas de crampes…musculairement aucune douleurs.

Merci a tous les Twittos qui m’ont encouragés. A chaque fois c’est du pur bonheur, les messages aident vraiment a avancer.

Je n’ai pas cité les runners avec qui j’ai échangé parce que le CR est déjà assez long comme ça 🙂
Mais tous ces échanges, toutes ces discussions, ça aussi ça fait beaucoup avancer.

Allé, a bientôt et bon running.

Ultramarin: objectif ne pas couler

Bonjour fidèle lecteur et bienvenu futur fidèle lecteur.

Encore un titre d’article génial!!! J’adore mon blog 🙂

En vrai, la course s’appelle plutôt le grand raid du Golfe du Morbihan….mais mon jeu de mot ne marchait pas…ahahaha 🙂

Passons aux choses sérieuses; voilà les différentes données de base:
Le départ a lieu le vendredi 26 juin a 17h
177km pour 1000m D+
Barrière horaire de 42heures
Ravitos tous les 15-20km (dont 4 avec plats chauds)
A mi course un ravito géant avec, douche, dortoirs et surtout possibilités de de récupérer un sac de 20-30 litres déposé préalablement a la consigne (avec du change par exemple, ou à manger, ou une revue)
Il y a du matériel obligatoire (sanctionné d’une heure de pénalité en cas de manque)

Pour la petite histoire, sur le site on trouve différents conseils…comme prendre des sacs plastiques pour ne pas perdre ses chaussures dans les marécages…je fais déjà dans mon froc a l’idée
de courir une telle distance…en plus je risque de perdre mes pompes.

Autre détails, le depart est vendredi a 17h. ..avec un délai de 42h ça fait une arrivée le dimanche midi….potentiellement ça fait passer 2 nuits dehors…

Plus j’avance et plus je me demande pourquoi je fais ça 🙂

Sur les 2 dernières semaines, j’ai dû composer avec une douleur au tendon d’Achille. Mais pas de quoi entamer mon moral. Je veux être finisher (ça fait déterminé hein….on en reparle la semaine prochaine 🙂 )

En tout cas ma stratégie sera de m’économiser!! Je teste depuis qq semaines d’alterner course et marche. Je le fais au feeling pour m’habituer, parce que le jour j je n’aurai pas de chrono, ma montre ayant une autonomie de 16h, ca sert a rien que je calcule des trucs précis…si ça monte je marche, si je sens que je vais un peu vite je marche, et bien sûr si j’en ai envie je marche.

Je veux essayer de me fixer l’objectif de me fatiguer le plus tard possible.

Et niveau logistique, pour une fois j’ai essayé de mettre les chances de mon côté.
Je pars avec une tenue (désolé mesdames mais je ne cours pas en tenue d’Adam 🙂 ) et j’ai une tenue complète dans le sac + bonnet, gants, veste, coupe vent et chaussettes hautes pour ne pas avoir froid la nuit.
Le même contenu m’attend a mi course pour pouvoir repartir complètement au sec et au chaud si besoin.

Sinon j’ai lu plein de CR, de forum, vu des vidéos. ….bah j’ai peur.

Ça fait 2 bonnes semaines que cette course hante mon esprit…j’y pense énormément. J’essaie de me préparer a souffrir, a penser a la ligne d’arriver, a marcher, ne pas penser chrono ou classement…bref je suis quand même pressé d’y etre..autant que j’ai peur.

Cette fois le simple fait de franchir la ligne d’arrivée me rendrait fier de moi…et si on me dit que je n’ai pas été assez vite ou quoique ce soit….et bah…et bah… pendant la course je reflechirais a un truc a dire a ces cons là (si je suis finisher bien sûr. .parce que c’est pas fait)

On verra bien ce que ça donne. .
C’était encore un article qui ne devrait pas changer la face du monde…mais tu connais la formule, c’est mon blog et je fais ce que je veux. ( en fait cet article aussi inutile soit il m’aide a avoir un peu moins la pression)

D’ailleurs en parlant de faire ce que je veux j’en profite pour faire un gros bisous a Gwendo….

Et aussi, si vous voulez suivre mes superbes exploits ce weekend c’est par ici et pour que ce soit plus pratique, jaurais le dossard 708.

Allé a bientôt et bon running

Ne pas se prendre pour quelqu’un d’autre

Bonjour fidèle lecteur et bienvenu futur fidèle lecteur

Petit article rapide pour donner des nouvelles du front.
Enfin des jambes. ..je vais plutôt donner des nouvelles des jambes puisque c’est un blog de course a pied 🙂

Alors qu’on est 1 mois après Steenwerck, on est déjà à 10 jours de l’Ultramarin…la pression monte… 😦

J’ai beaucoup réfléchit après Steenwerck, et je me suis rendu compte que je me prends trop pour quelqu’un d’autre. Je m’explique.

Quand je prépare une course, et encore plus quand la course approche, je me répète que ‘je suis capable de’, que ‘je vais y arriver’. Et quand arrive le moment de se fixer un objectif je me dis souvent ‘si d’autres le font je ne vois pas pourquoi j’y arriverais pas’. Et cela s’adapte bien sûr a tout type d’objectif;
– certains font le marathon en 3h30..pourquoi pas moi
-certains bouclent un 100bornes en moins de 12h…pourquoi pas moi
-certains font un 24h sans dormir..pourquoi pas moi
-certains courent l’Ultramarin sans marcher…pourquoi pas moi.

Et voilà comment la plupart du temps, je me conduis tout seul à ma propre perte!
Parce qu’en fait je suis un coureur moyen. Je ne suis pas en train de m’autoflageller; par moyen j’entends milieu de classement. En effet je suis toujours a peu de chose près au milieu eu classement. (Bon il y a des mauvais jours ou j’explose et termine bien plus loin. .. 🙂 )

Donc pour cet Ultramarin j’ai décidé de ne pas péter plus haut que mon cul….il y a 177km a boucler en maxi 42h (c’est la barrière horaire). Ce qui fait une moyenne de 4,2km/h.
Voilà mon objectif sera d’être seulement finisher.

Pour cela ma stratégie est de courir lentement, mais aussi d’inclure de la marche dès le debut de la course pour m’économiser au maximum (c’est un gros effort car pour moi marcher c’est échouer…). Et tant pis si je finis dans les profondeurs du classement. ..cette fois je veux aller au bout et le faire bien.

L’abandon a Steenwerck est toujours dans la tête, donc finir l’Ultramarin n’aura rien d’une revanche mais ça redonnerait un peu de confiance. ..

Voilà je pense faire un autre petit article pour rentrer plus dans le détail de cet Ultramarin.

A bientôt et bon running.