24h de St Fons, je me suis pris pour le patron….

Bonjour fidèle lecteur et bienvenu futur fidèle lecteur

(Pour info on ne prononce pas le ‘S’ de St Fons)

Pour ce qui est prépa, je te laisse lire mon dernier article….Je vais pas radoter, il y a des fidèles lecteurs qui savent déjà tout.

Ce samedi 26 mars, je me lance donc sur ce 24h avec la ferme intention d’atteindre les 160km. Je me sens bien, je me sens en forme…bref y a plus qu’à.

La journée commence par un petit déjeuner offert aux coureurs, ce qui est plutôt appréciable (surtout que c’était plutôt mal….chocolat chaud, quatre quart, tartines grillées…)

Ensuite il faut trouver une place dans le gymnase pour déposer ses affaires. Quand tu fais un 24h tu debarques assez chargé. Pour ma part j’emmène très peu de ravito mais énormément de fringues, pour pouvoir me changer pleins de fois en fonction des conditions météo, fatigue, irritations…ou tout autres choses qui pourrait être un prétexte pour faire une pause.

Ensuite on se regroupe sur la ligne de départ. Le speaker fait quelques annonces. Tant de participation pour untel, première participation pour untel….sans citer tout le monde, mais en passant pas mal de runner en revue, ça donne une petite proximité entre les coureurs, c’est agréable.

A 10h, le départ est donné. Les premiers tours servent à se familiariser avec le parcours. Il a l’air top. Pas de difficulté majeure, juste un virage en épingle. Plusieurs endroits où on croise les autres runners.
Les premiers tours permettent également de jauger les forces en présence, voir qui fait le 6h et qui fait le 24h (oui parce que le 6h partait en même temps que le 24h).

Je pars tranquille sans forcer. La route est encore longue, et sans montre ni cardio je ne dois pas me brusquer pour éviter de craquer trop tôt.

Les tours s’enchaînent et les degrés montent. Je suis sur ma stratégie de courir 2h et marcher 1 tour (donc 1km…Je rappelle qu’on tourne en rond sur une boucle de 1001m)

Au bout de 2h30 de course, le rythme général baisse un peu, et moi, parti tranquille je suis bien. Je me rends compte que je grapille des places au classement sans avoir l’impression de forcer..Je chatouille même le top 10…
Et voilà ma première (et fatale) erreur. A chaque tour je me mets à regarder le classement et non mon temps de passage.

Je sens bien que je vais vite mais pris dans l’euphorie du classement, je me sens extrêmement bien et je ne ralentis pas….
Si bien qu’au bout de 6h de course, je suis 3e au général avec 62km au compteur. Beaucoup trop rapide pour moi. Par contre je me sens super bien.
En discutant par sms avec Damien, je me rends compte de mon erreur. Je me force à ralentir mais ce n’est pas facile…

Je ne sais plus exactement à quelle heure mais je reçois dans l’après midi la visite de Coraline. Ça me fait très plaisir de partager un moment (un tour en marchant). Ce fut bref mais intense ..ahaha ce qui s’est passé à St Fons reste à St Fons….. 🙂

J’atteins les 9h de course avec 83km. J’ai chaud mais je me sens toujours bien. J’ai essayé de bien varier entre le sucré et le salé et d’équilibrer au maximum les quantités. Et je m’éponge de temps en temps mais pas en abondance, j’ai peur de créer des irritations.
Bref, je suis bien, j’ai l’impression d’être lucide et je me prends à rêver sur l’issue finale de la course (oui déjà)

Au passage des 10h, je fais ma pause…impossible de repartir…fatigué, les jambes lourdes. Je me pose un peu, me change, mange, passe un peu le temps….et repars en marchant péniblement…ça y est je paie mon euphorie. Mais je commence à connaître un peu la longue distance…Je sais que ça va revenir….
Et quelques 45min plus tard, ça revient, je peux me remettre à trotinner ce n’est plus aussi fluide et aérien qu’au début (oui j’ai le droit de croire que j’ai une foulée fluide et aérienne 🙂 ) mais j’avance. J’alterne beaucoup plus course et marche… Je passe finalement les 100km en 12h pile…exactement au moment où les 12h vont prendre le départ…du coup je leur demande une petite ovation…ça fait toujours plaisir

Un tour plus tard, nouveau coup d’arrêt. Cette fois je suis pris par le sommeil. N’avoir dormi que 4h dans la voiture n’était pas une bonne idée …deuxième erreur… En vrai, c’était ma première erreur mais comme elle arrive en 2e dans mon récit, c’est ma deuxième erreur.

Je dors 1h. Je me change. M’habille chaudement. Je fais un tour en marchant péniblement. Je m’arrête pour manger et boire et je repars en marchant. Au bout de 2-3 tours, j’ai chaud; c’est bon signe. Je me découvre un peu. J’ai envie de courir. Et c’est reparti.

Jusqu’à 3h30 du matin je coupe chaque tour en marchant une partir puis en courant le reste.
Puis nouveau coup de fatigue.
Je dors à nouveau 40min….
Quand je me réveille je ne sais pas si on a déjà changé d’heure…mais je me souviens de cette pluie intense qui frappe la taule du gymnase…et quand j’ouvre la porte pour voir dehors, c’est le déluge.

Je me force à avancer. J’alterne course et marche mais j’ai quand même l’impression d’avancer.

Quand le jour se lève je maintiens ce rythme et cette stratégie.
De toute façon je n’ai plus la force de courir plus et si je m’arrête pour faire des vraies pauses je me refroidis et n’arrive pas à repartir.
Arrivé enfin la dernière heure de course…j’attends cette petite euphorie qui va me faire repartir…mais elle ne vient pas….
Enfin pas tout de suite; elle se pointe à 35min de la fin. Du coup je cours, je double des gens, je vois que je reprends même 1 ou 2 places au classement..ce qui ne sert plus à rien mais toujours un peu plaisir quand même.
Ça y est la sonnerie retenti. C’est fini. Je pose le dossard et reste un peu sur un banc avant de regagner le gymnase.

En retournant au gymnase je ressens déjà un mélange de déception et de satisfaction.

Je reçois très vite la visite de Marvin et Olivia. Ça fait du bien. Ils ont raté ma fin de course tonitruante (j’en rajoute un peu là) mais ils sont quand-même là, c’est tout ce qui compte.

Je boucle finalement ce 24h avec 146,3 km. Et 18e au classement. Je suis même 3e senior mais seul le 1e de chaque catégorie était récompensé ..donc pas de photo sur le podium pour moi 😦

La déception, c’est ma gestion de la course…Je me suis vu sur le podium alors que la course ne faisait que commencer. Courir par rapport à moi, uniquement à moi et non par rapport aux autres (je me suis vu trop beau), ç’est un axe que je vais devoir travailler.

Petite déception par rapport à la logistique. Dormir dans la voiture n’était pas une brillante idée. Déjà le sommeil n’était pas bon, mais en plus il a été court. Quand je repense à l’Ultramarin, j’avais couru 39h en ne dormant qu’une heure….là je me suis effondré au bout de 12h.

Pour les points positifs. La prépa. Je suis arrivé en pleine forme. Si je n’avais pas gâché en courant à ce rythme…bien sûr on ne peut pas savoir. Mais 100km en 12h….C’est quand même 1h47 de mieux que ce j’ai déjà fait….

Autre point positif, mon organisation pendant la course. Pas d’ampoules, pas d’irritations, et toujours des fringues sèches et propres à chaque fois que j’ai voulu me changer.

Un grand merci à tous ceux qui m’ont encouragé via les réseaux, j’y suis de moins en moins par faute de temps et j’ai été agréablement surpris d’être autant suivi.
Un grand merci également à Damien, très présent par sms.
Un grand merci et également à EniLaroc, Captain et Olivia d’être passé. Moi qui déteste venir en spectateur sur une course, j’apprécie encore plus le geste.

Bon bah Rdv l’année prochaine, peut être au 24h de Brive, pour battre cette marque.
Et sinon prochaine course fin juin, à Vannes…

A bientôt et bon running

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Un marathon, des potes et un podium

Bonjour fidèle lecteur et bienvenu futur fidèle

CR du marathon de Cernay la ville du 03/01/16

Ce marathon est devenu une sorte de rituel de debut d’année.
Je cours pas mal en ce moment mais je ne nourris pas d’ambition pour cette course. J’aimerais juste finir entre 4h et 4h30 (le plus proche possible des 4h me ferait bien sûr plaisir)

Avant la course il y a les potes Twittos; @Kalipointbarre, @The_Fire_Fly, @Marilynth et les @LapinsRunners. On échange sur la course, la saison à venir, les projets de chacun et chacune. C’est un bon moment qui fait vite passer le temps et nous amène rapidement au départ.

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Le départ justement, il est un peu bizarre. Un départ en deux temps mais on ne comprend pas vraiment quand ça part. Mais comme devant ça cours, on y go.

Je pars sans montre, sans chrono, sans GPS…du pur feeling.

Carole m’a annoncé être satisfaite a moins de 4h30. Comme je me juge a peu près au même niveau je la garde en ligne de mire un petit moment. ..jusqu’à un 1er arret pipi…puis un 2e….puis un 3e…..
3 pipis avant même d’atteindre le panneau 10km. Et pas 3 gouttes!!! De beaux pipis qui te laissent le temps de voir defiler un grands nombre de runner (qui doivent sûrement se dire :’mais il pisse encore celui la’).
Bref je passe finalement le 10km. J’entends un runner dire a son collègue 1h01.

Bon c’est honnête. J’ai cherché a m’économiser, j’ai fait pipi, il y a la pluie, ce putain de vent (oui parce que par moment, il y a vraiment un putain de vent) donc ça correspond a peu près a ce que j’attendais.

Je ne sais plus a quel moment mais le semi et le marathon se sont séparés. ..et du coup y a plus énormément de monde. Donc j’essaie de me concentrer un max sur mes sensations.
Et c’est un peu étrange. J’ai par moment une pointe au tendon d’Achille droit. Et cette douleur ressemble a celle que j’ai l’année dernière sur ce même marathon.
Du coup j’ai l’impression de faire le yoyo…ralentir un peu quand je sens la douleur et relancer quand je ne sens plus rien (oui parce qu’on est quand même sur une course et donc je veux quand même faire de mon mieux)

Au passage du 20e je décide de regarder l’heure sur mon portable. ..avec la pluie dessus, il me semble voir 48…. le depart était à 8h45…donc je dois etre a 2h03.
Sur le coup ça me fait un peu chier de constater que j’ai été moins rapide sur le 2e 10km.
Tant pis je décide de ne plus regarder l’heure jusqu’à la fin.
Quelques côtes puis un faux plat montant et on arrive sur une partie du parcours emprunté au debut.
J’ai eu de très bonnes jambes sur cette portion du parcours et j’ai eu le sentiment d’accélérer un peu.

Peu après le 25e j’aperçois enfin Carole au loin. ..je me dis que je suis peut etre toujours en course pour les 4h30.
Je double Carole au pied d’une cote et poursuis mon effort. Je ne ressens plus rien au tendon.
Je me demande si je n’accelere pas trop tot…il y 2-3km de cote vers le 32e km qui sont assez exigeants (elles ont d’ailleurs eut ma peau l’année dernière)
Mais les sensations sont bonnes. ..et puis je commence a doubler pas mal de monde à la peine.
C’est un peu plaisant de se dire que je suis chaud quand les autres commencent à fatiguer…du coup ça me booste.

Au pied de cette fameuse belle côte, les sensations sont toujours très bonnes alors je ne ralentis pas.
Je rejoins Emir…il marche!! Je n’en reviens pas. Emir qui marche sur un marathon.
Mentalement Les Lapins sont sur une autre planète donc je suis sûr qu’en le poussant un peu il va me suivre.
Et c’est ce qu’il se passe. Il me suit mais m’annonce qu’on est a 11km/h et qu’il ne suivra pas longtemps. ..bien sûr je n’y crois pas. Mais c’est malheureusement vrai.
Je finis la côte sur un gros rythme en doublant également @The_Fire_Fly
En haut de la côte je suis quasi sûr de réussir a finir sur un gros rythme.
Donc j’envoie tout ce qu’il me reste.
Ces 7 derniers kilomètres se passent a merveille. Je suis sur un gros rythme et c’est très jouissif de voir les runners que je double essayer de voir si je porte bien un dossard du marathon.

Les 2 derniers kilomètres sont un peu durs mais je sais que c’est la fin alors je ne lâche pas
Un sprint de la mort qui tue et je passe la ligne.

Lorsque je coupe Strava. ..je vois 3h51?? Sérieux??
Je vais voir un runner arrivé juste derrière moi…il me confirme le chrono!! Je kiff ma race et pendant quelques minutes je suis Leonardo Di Caprio dans Titanic qui plane a l’avant du bateau (bah quoi il faut bien quelques références pour mon public féminin 🙂 )

Ensuite direction le buffet. On échange un peu avec les autres runners, puis je suis interviewé par le speaker à cause de mon maillot du Kenya.

Je n’ai malheureusement pas recroisé @The_Fire_Fly mais j’ai encore échangé avec @Kalipointbarre et surtout les @LapinsRunners. Et échanger avec les @LapinsRunners c’est echanger avec tout le monde parce que tout le monde les connait!!!

En bonus:
Devant le prix de l’inscription 1 semaine avant, je voulais faire le semi. Mais lorsque j’ai annoncé ça, on m’a proposé un dossard pour le marathon. Bah j’ai dit oui..normal. .
Sauf que c’était un dossard féminin. ..du coup j’ai fini 4e féminine au scratch et 2e veterane!!! Et oui fidèle lecteur, un podium féminin ça reste un podium!!! (En vrai je suis 88e mais je m’en fou ce qui compte c’est le podium!!) En tout cas, je suis vraiment satisfaite de ce résultat et j’espère collecter plein d’autres bouquet de fleurs cette saison 🙂

Bonus n°2:
J’ai donc eu une dotation féminine. ..pour toi fidèle lecteur, je t’offre mon corps dans un tee shirt coupe femme taille S!!!
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Pour résumer, c’était une super matinée; une course qui se passe bien, des gens sympa, des potes…

En appuyant ici vous pourrez voir l’article des @LapinsRunners ainsi que leur vidéo (dans laquelle j’ai accepté un défi lancé par Emir. La photo précédente peut d’ailleurs servir de point de départ à ce défi)

A bientôt et bon running

Et tout de suite, la suite

Bonjour fidèle lecteur et bienvenu futur fidèle lecteur.

Il paraît qu’en fin d’année, il faut faire le bilan…bon bah sportivement, 2015 aura été bien pourrie. En même temps, 2014 avait été au top, donc difficile de faire aussi bien.
Et l’avantage, c’est que je suis quasiment sûr de faire mieux en 2016.

2016 justement.
Ça commencera par le marathon de Cernay la ville le 3 janvier, mais pas en mode guerrier, juste en mode sortie longue.
1er objectif, les 24h de St Fons le 26 mars.
2e objectif, l’Ultramarin fin juin.
J’y réfléchis encore, je ferais peut etre le 12h de feucherolles en mai; a voir.
Ensuite j’aimerais bien faire le marathon de La Rochelle en mode machine de guerre avec une vraie prepa du feu de dieu. .et ça permettra peut être de faire des rencontres IRL !!!

Côté entraînements, je vais continuer d’alterner course et vélo pour aller bosser. Ca me fera manger un peu de kilomètres

Voilà, bonnes fêtes de fin d’année, portez vous bien et continuez de suivre mon blog…faut avouer que c’est le meilleur 😉

A bientôt et bon running

Grand Raid du Golfe du Morbihan: je l’ai fait!!!!

Bonjour fidèle lecteur et bienvenu futur fidèle lecteur.

CR du Grand Raid du Golfe du Morbihan

Pour rappel cette course est une boucle de 177km limitée a 42heures. Tout au long du parcours, il y a des ravitos, espacés de 15 à 20km, dont certains servent également de barrières horaires.

Pour ma part, mes 3 dernières semaines ayant été perturbées par des douleurs au tendon d’Achille gauche, je suis un peu pessimiste sur le déroulement de la course.
Par contre, mentalement je suis gonflé à bloc. Premièrement la barrière horaire me fait dire que même en marchant je peux aller au bout. Mais surtout mon récent echec a Steenwerck me pousse à ce que ça n’arrive pas 2 fois.

Le jour J tout se passe bien. J’arrive a Vannes a 13h17, je récupère vite mon dossard, trouve une cantine pour manger et me dirige vers les vestiaires.
Il n’est que 15h30 mais je suis déjà habillé. J’ai ainsi évité la cohut dans les vestiaires, et je peux me vautrer dans l’herbe a l’ombre près de l’arche de départ.

Et c’est là que ma course a commencé. Je porte mon maillot de foot du Kenya et mon short H&M tout nouveau, offert par mon fils pour la fête des pères.

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Je suis conscient que ça ne renvoi pas l’image d’un runner aguerri…et je vois que bon nombre de runner se demandent ce que je fais là.
Je me sers de ça pour me motiver encore plus en me disant : ‘ je vais vous montrer de quoi je suis capable’ (je sais c’est stupide mais on se motive comme on peut)

A 17h, le départ est donné. Un départ fictif, qui propose une petite boucle dans la ville façon tour de France….c’est blindé de monde. Et on repasse par la ligne pour le départ réel.

Le peloton s’étire très rapidement. Chacun étant bien concentré sur son objectif, tout le monde a bien conscience qu’un départ rapide, c’est l’échec assuré.

J’essaie donc très tôt d’appliquer la stratégie ( et oui j’ai une stratégie quand même): courir lentement au feeling (car pas de montre) sur le plat et dans les descentes, et marcher quand ça monte ou que je cours depuis trop longtemps.

La 1ere portion se passe bien. J’arrive au ravito du 16e km en 2h16. J’ai un peu mal au tendon mais c’est très gerable. Il fait encore bien jour et les paysages traversés sont magnifiques.

Le prochain ravito se trouve au km36. Tout au long de la course il a été essentiel pour moi de savoir ou étaient les ravito. Car sans montre ni Gps, ça me donnait quand même un repère.

Bon nombre de runners fonctionnent également en mode cyrano (marche et course pour les moins culturés d’entre vous 🙂 ). Du coup on passe son temps a croiser les même personne. ..et tout le monde ou presque se retrouve au ravito.

2e ravito justement. Le premier avec des plats chauds. Sous une immense tente, tous les runners sont attablés dans une ambiance de colonie de vacances. On n’a fait que 36km, il fait très bon, pas encore nuit et on mange un plat chaud.

A chaque fois on échange sur la distance du prochain ravito, ainsi que des différentes barrières horaires.

Je repars équipé de ma frontale car la nuit commence bientôt.

Et effectivement la nuit tombe vite, et je perds énormément de temps dans des sentiers côtiers ou les racines sont extrêmement nombreuses. Je préfère evoluer lentement pour ne pas me vriller une cheville.

Au ravito suivant, l’ambiance ressemble beaucoup plus a un film de zombie…une petite tente sur un parking assez peu éclairé, des runners allongés sur le sol, avec la couverture de survie en guise de drap, et surtout pas un bruit…..
Les visages commencent à être fermés, et on se signale par une simple grimace que c’est déjà dur.

Pour ma part ça va encore, je repars en poursuivant ma stratégie. Depuis pas mal de kilomètres, j’ai une foulée très courte et très rasante, qui ne sollicite pas le tendon. Enfin, on va dire que je ne ressens pas de douleurs a chaque foulée.

Je suis en de plus en plus seul. Grâce aux lampes frontales, on voit parfois des runners au loin, ou on en croise de l’autre côté de la rive, mais finalement on ne partage que très peu de kilomètres ensemble. Chacun reprends vite son rythme après avoir échangé 2-3 mots pour connaître l’état de forme.

J’ai beaucoup de mal a me rappeler des distances séparant les ravitos durant cette 1ere nuit.

Mais je me souviens assez bien de ce dernier ravito avant que le jour se lève.
Très peu de banc pour s’asseoir, pas de table…je ne suis pas très a l’aise pour remplir ma poche a eau ( pour cela je dois vider mon sac). Du coup, ca me fatigue, m’agace et me scie les jambes.
Quand je repars j’ai un petit coup de fatigue dans les jambes, alors je marche pour laisser passer l’orage et mange de la pate d’amende pour le kif 🙂
Et a un moment ça repart.

Il fait maintenant jour, je commence a être un peu fatigué mais je tiens le coup.
Une bénévole m’annonce le bateau dans 9km.
Le bateau, c’est la mi course, le lieu a partir duquel on commence le décompte des kilomètres. Et on prend réellement le bateau pour une petite dizaine de minutes.

Et d’un coup je sens que je n’ai plus de jambes….je marche très lentement.
Et c’est bien connu, il suffit qu’un grain de sable vienne gripper la machine pour que tout se détériore.
Du coup mon sac me gêne beaucoup…je sens les irritations qui m’arrachent une partie du dos.
Et je commence a avoir mal sous les pieds…comme si les semelles de mes chaussures étaient déjà complètement usées.
Je marche a 2 a l’heure, me fatigue quand même. ..donc le moral prend un vrai coup.

J’arrive tant bien que mal au bateau. J’ai l’impression d’avoir mis 2h pour faire les 9km.

Après le bateau, ça va un peu mieux, je reprends mon rythme marche/ course…pendant 3km..et re-coup de mou. Le gymnase de mi course est a 3km encore….interminable!
Je me sens vraiment faible.
A 800m du gymnase, une bénévole propose qu’on vienne me chercher…hors de question!!

9h05, enfin le gymnase de mi course. Celui ou on récupère un sac laissé plus tôt au depart…

Je ne récupère pas mon sac tout de suite, je me couche dans l’herbe, au soleil pour ne pas avoir froid, et programme un reveil 30min plus tard. Mais impossible de dormir. En allant vers la salle pour manger, je tremble et me sens faible. ..une dame me voit claquer des dents, et me ramène une assiette de purée avec beaucoup de sel…j’en reprendrais une 2e puis une 3e.
En fait je n’étais pas fatigué de sommeil mais fatigué par manque d’énergie.

Ensuite, je me change complètement, refais mon sac et fini de manger.

Je repars après un ravito de pres de 2h.
Il est alors 11h et il fait une chaleur de fou.

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Je reprends mon rythme marche et course.

J’ai tenu ce rythme une bonne partie de la journée….mais au km 104 ( je crois qu’il était vers 16h), gros coup de moins bien.
Irritations et douleurs sous le pieds deviennent de plus en plus dures a gérer.

Alors je marche…lentement. ..très lentement….c’est très long. ..je commence a me demander quand je vais abandonner….parce que je ferais pas 70km en marchant comme ça.

Au km 137, on est sensé arriver a un ravito….mais ce n’est qu’un point d’eau.
Quand le bénévole m’annonce ça, j’enlève mes chaussures, m’allonge sur le sol gymnase et demande: ‘si j’abandonne ici, comment je rentre?’.
Il m’explique le déroulement et vient chercher mon dossard. ‘Non…je réfléchis encore un peu’.
Et puis il m’explique qu’il y a un ravito 6km plus loin….

Je pense a la colère que j’ai eu en abandonnant a Steenwerck…je pense aux messages que je n’ai pas envie de recevoir :’c’est déjà énorme ce que tu as fait’.

Bref, je repars en marchant. La douleur sous les pieds est vraiment atroce. Donc je m’accorde quelques pauses; je m’allonge dans l’herbe, a l’ombre d’un arbre.
Il me faudra 1h15 pour faire les 6km.

Mais ce ravito est une vraie galère…on se fait eclater par les moustiques. J’hésite a rejoindre la tente pour aller dormir…finalement j’y vais, mais il n’y a plus de lit dispo….donc je repars. Il est aux alentours de 22h et j’ai 14km a faire avant le prochain ravito qui est aussi la dernière barrière horaire ; celle ci est placée a 5h du matin.

Je marche de plus en plus lentement. Un runner me signale que je zigzague beaucoup….je suis en train de m’endormir!! Je multiplie les pauses mais en m’allongeant le moins possible pour ne pas m’endormir.

Ne pouvant pas m’arrêter n’importe pour abandonner, je continu….mais je coeur n’y est plus. Au prochain ravito, stop!!

C’est a 2h du matin que j’arrive au dernier ravito. J’ai mis 4h poir faire 14km. ..je n’en peux plus.

Dans mon esprit, on a beau être au km 157, il est clair que je vais abandonner. Impossible de faire les 20km restant d’une seule traite.
Je me laisse quand même une sieste d’une heure.
Je trouve un lit et m’endors direct. Après 55 min de sieste. Je vais manger un peu avant de signifier mon abandon a un bénévole. Celui ci me dit qu’il y a un pointage dans 2km, puis un autre 8km plus tard.
Ca change tout. Je n’ai pas a faire 20 bornes d’un coup mais 3 étapes de 2 -8 et 12km…

A 3h20, je repars. La barrière était a 5h…je n’ai plus beaucoup de marge de manoeuvre.

J’arrive assez vite au 1er pointage et ne m’y arrête même pas.
Je retrouve rapidement les bords de plage après une longue période de champs…même si il faut bien avouer qu’il y a bien longtemps que je prête moins attention au paysage.

Le moral va mieux. Je ne vais pas plus vite mais par rapport a la forme du moment (on peut dire la fatigue ) j’ai l’impression d’avancer efficacement.

Le jour se leve enfin. Je viens de passer une 2e nuit dehors. ..

Le dernier pointage est passé 5h35 du matin…plus que 12km.
Une broutille.

Sauf que je n’en peux plus. Et le final est interminable.
On est à Vannes, on voit le port, on entend parfois le speaker….et pourtant a chaque on bifurque sur le chemin qui nous en eloigne le plus.
Je sais qu’on est a moins de 5km de l’arrivée mais c’est au dessus de mes forces; je multiplie les pauses allongé sur les bancs ou dans l’herbe.

Ça y est l’arche est là, de l’autre côté de la rive…plus qu’un kilomètre. Il y a très peu de monde et je suis vraiment HS.
Je n’accelere même pas.

J’approche l’arche…pas de musique, pas de speaker. ..je prends tout mon temps pour la pause photographe.

Je m’avance encore…3 spectateurs m’applaudissent.
Ça y est le chrono officiel…39h42…
L’émotion monte enfin mais même mes larmes sont fatiguées.

Je tombe dans les bras d’un bénévole qui me félicite chaleureusement. ..
On me remet mon tee shirt finisher.

C’est fini.

Je l’ai fait.
177km en 39h42. (Temps officiel ramené à 39h28’38 à cause de la traversée en bateau)

Sur le coup je suis fier de moi. Fier d’avoir été chercher des ressources mentales inconnues. Fier de ne pas avoir lâché. Fier d’être tout simplement finisher.

Et puis, assez vite finalement, je me dis que je n’étais pas assez prêt. ..que j’étais blessé. ..que j’aurais aimé courir plus. ..
Et puis le classement tombe:
Je fini 467e sur 483 arrivants.. je suis dans les 16 derniers..
Ça m’a mis un coup au moral
Il y avait quand même 776 partants donc 34% d’abandon….mais quand même dans les 16 derniers…ça m’embête pas mal.

Je veux donc une revanche!!! Sans blessure et avec une vraie grosse prepa spécifiquement tournée vers cet objectif.

Dans la partie bobologie:
-De grosses irritations dans le dos, sur les flancs et les fesses
– de grosses douleurs sous les pieds (qui sont d’ailleurs toujours presentes 1 semaine après)
-bien sûr le tendon d’Achille gauche, déjà douloureux au départ, ça ne s’est pas arrangé
-comme j’ai beaucoup marché, pas de courbatures, pas de crampes…musculairement aucune douleurs.

Merci a tous les Twittos qui m’ont encouragés. A chaque fois c’est du pur bonheur, les messages aident vraiment a avancer.

Je n’ai pas cité les runners avec qui j’ai échangé parce que le CR est déjà assez long comme ça 🙂
Mais tous ces échanges, toutes ces discussions, ça aussi ça fait beaucoup avancer.

Allé, a bientôt et bon running.