C’est quoi l’objectif?

Bonjour fidèle lecteur et bienvenue futur fidèle lecteur.

Puisque tu es un fidèle lecteur, tu es au courant que j’ai abandonné au bout de 158km lors du Grand Raid du Golfe du Morbihan. Et si tu n’es pas un fidèle lecteur, déjà c’est pas bien, mais surtout tu rates le plus incroyable blog de course à pied… 🙂 Et maintenant tu es au courant que j’ai abandonné à Vannes au bout de 158km en juin dernier.

Bref, même si parmi les runners je ne fais pas office de performeur, j’aime quand même essayer de réfléchir un peu pour progresser un minimum, à mon modeste niveau, mais progresser quand même; à défaut de progresser, prendre du plaisir reste important.
Et ce dernier abandon me fait réfléchir pas mal, à ma pratique de la course à pied et à ce que je veux en faire

Si je regarde rapidement dans le rétro de mes performances en ultra (oui je n’ai pas précisé mais c’est bien d’ultra qu’il s’agit):

En 2013 premier 100km; abandon à 80

2014; 1er 50 km, finisher dans un chrono honnête en 5h10 ou 15 ( oui c’est pas logique d’avoir fait un 100 avant un 50…mais si j’étais tout le temps logique , je serais peut être un bon runner 😉

1er 24h, finisher avec 136km

2e 100km, finisher en 13h43

Toujours en 2014, j’ai aussi fini un 57km. Et si ma mémoire est bonne je crois que c’est cette même année que je descends pour la première fois sous les 4h sur marathon
En 2015; abandon sur 100km

Finisher de l’Ultramarin 177km en 39h23

Abandon sur 24h après 12h de course

En 2016, finisher d’un 24h avec 146km

Abandon à l’Ultramarin au bout de 158km et 28h.

Ici je ne mets que le résultats, mais il y à et une grosse évolution dans mon entraînement….

En 2014, je m’entraînais 4 fois par semaine, et j’avais pour objectif d’être seulement finisher, et en bon état…je ne suivais aucun plan, aucune trame de plan, beaucoup de feeling….c’était ma meilleure année.

Ensuite j’ai voulu progresser, et améliorer mes marques sur les différentes distances avec pour seul objectif d’être meilleur, le simple fait d’être finisher ne me satisfaisait pas. J’ai suivis des plans, parfois de loin mais suivi quand même…Et bien je ne me suis pas amélioré et je n’ai même pas forcément pris plus de plaisir.

Tout ça pour dire quoi? Et bien en y réfléchissant, je n’ai jamais été un runner rapide…c’est d’ailleurs pour cette raison que je me suis lancé dans l’ultra….alors pourquoi est ce que j’arriverais à être performant en ultra.

J’ai donc dans l’idée de repenser un peu ma façon d’aborder, de préparer et d’envisager les courses.

Tout d’abord ne pas me lancer dans des prépa longues et consommatrices en énergie et en concentration pour tout jouer sur une seule course. Je veux participer à plus de course sans chercher à être au top. Je veux m’appliquer à être le meilleur possible mais pour mon niveau à moi. Et finir en bon état correspond plus à mon niveau réel. Si je me concentre sur Strava ou Squadrunner, je trouverais forcément quelqu’un de plus rapide, quelqu’un qui s’entraîne plus, quelqu’un qui s’entraîne mieux….ça sert à rien que je me comparer sans cesse….( je vais quand même essayer de rester celui qui s’entraîne le plus tôt 🙂 )

Mais pour 2016, il me reste encore une course que j’avais coché…le marathon de la Rochelle en novembre. J’avais choisi celui là parce qu’il me permettait de faire une coupure après Vannes et avoir quand même 3mois et demi voir 4 mois pour être prêt. Et au moment ou je me suis inscrit, je voulais être plus que prêt puisque je voulais atteindre mon orgasme runnesque, à savoir faire péter les 3h30….

Dans ma démarche actuelle, je n’envisage pas de me lancer dans une prépa archi longue juste pour cette course. Je vais éplucher un peu le calendrier pour voir si il y a des courses qui peuvent m’intéresser d’ici là et ensuite je verrais comment je m’organise.

Mais pour 2017, c’est sûr, moins de prépa, plus de course et beaucoup de plaisir, et si RP il doit y avoir, je prends bien sûr!!! Mais l’objectif sera le kiff!!!!! 🙂
A bientôt et bon running

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Grand Raid du Golfe….mi figue mi raisin

Bonjour fidèle lecteur et bienvenue futur fidèle lecteur

CR du Grand Raid du Golfe du Morbihan (177km)
Lorsqu’en janvier je me suis inscrit à cette course (pour la 2e fois), j’avais pour ambition de passer sous les 30h; pour info j’avais mis 39h23 l’an passé.

Mi mai ma prépa à été plus que perturbée par une blessure au tendon d’Achille gauche. Je revois donc mon objectif à la baisse, en visant un chrono proche des 35h (bah Oui, même blessé, je suis quand même sûr de finir….la.lucidité c’est pas mon truc 🙂 )

Nous voilà donc le vendredi 24 juin, 18h, esplanade du port de Vannes. Pour l’occasion, je suis accompagné des @LapinsRunners, de @Djodei et Ben (ami des Lapins).

Nous partons ensemble dans la joie et la bonne humeur, sous un soleil agréable. On discute, on prend le temps d’avancer sans se cramer. 

Alors que je me suis laisser distancer à la faveur d’un arrêt technique (j’ai été pisser pour ceux qui n’ont pas compris) je rejoins le petit groupe au 1er avito, kilomètre 18.

Et c’est à nouveau tous ensemble que nous repartons. Assez vite le groupe se scinde en deux. Les Lapins et Ben partent devant et je reste avec Djodei. Bien qu’il soit très plaisant de courir tous ensemble, la distance est trop exigeante pour forcer le rythme aussi tôt dans l’aventure. 

Nous arrivons au ravito du kilomètre 36 juste avant la nuit. On croise les Lapins sur la fin de leur ravito. Avec Djodei, on passe en mode nuit…manches longues et frontales, après avoir bien ravitaillé: purée jambon, chips, pain saucisson et surtout, mon kiffe sur cette course…gâteau de riz!! J’en ai pris comme ça, par hasard….j’ai kiffé ma race!!!!

Bref on repart dans la nuit sur un bon rythme. On court bien et on marche dans chaque cote pour économiser nos forces. On marche également si la phase de course est trop longue  ( mais ça arrive assez rarement) . On se fait la remarque que sur nos phases de marches, on se fait beaucoup doubler, alors qu’on essaie de marcher à allure vive.

Djodei m’annonce le kilomètre 46. Je cours sans montre, sans téléphone, sans rien, juste avec mon feeling. Comme ça je ne dis pas ‘il reste encore tout ça…’ ‘je n’ai fait que ça….’ Au moins j’avance et ne me prends pas la tête.

Il m’annonce donc le kilomètre 46….ça me pète le moral!!! Je marche. Djodei marche un moment puis repars…je continu de marcher, le temps de digérer le fait d’avoir autant couru pour avoir finalement fait si peu de bornes.

Je mets un petit moment avant de repartir.Djodei à complètement disparu de mon champs de vision.

Je fais alors un choix au moment de me remettre à courir: à partir de maintenant, je ne marche que si ça monte, en dehors de ça, or de question de marcher. 

J’adopte donc une petite foulée très rasante, qui me permet de limiter l’amplitude des mouvement de ma cheville et donc ne pas trop me faire sentir la douleur.

Du coup je me sens bien. J’avance sereinement et quasiment sans douleurs. 

Je remarque que je remonte pas mal de concurrent, à l’usure…beaucoup sont déjà en mode course et marche. Ils sont plus rapides que moi quand ils courent mais je marche beaucoup moins voir quasiment pas. Du coup je grapille lentement sans avoir l’impression de me fatiguer. Et forcément, ça met quand même en confiance.

Arrive ensuite un autre ravito (je ne sais plus le kilomètre). Je ne m’arrête pas très longtemps. Comme à chaque fois depuis le début, j’essaie de bien équilibrer la sucré et le salé. Je me mets en quête de gâteau de riz mais il n’y en à pas sur ce ravito…

Je cherche quand même si je ne tombe pas sur Djodei, mais rien. Je me dis qu’il doit vraiment être pleine bourre parce que je n’ai pas l’impression d’avoir traîné. 

Je repars et passe un long moment complètement seul. Je ne double personne et ne me fais doubler par personne.

Commencera ensuite un chassé croisé avec une runneuse qui durera jusqu’au milieu de l’après midi suivante. Et si nous avons un peu discuté, je n’ai ni son nom ni son dossard. 

Bref elle me double quand elle court et je la double quand elle marche. Et comme elle alterne beaucoup, ces va et vient n’arrêtent pas (pas de sous entendu fidèle lecteur 😉 )

Je poursuis ma stratégie en me répétant très régulièrement, ‘ne marche pas, avance…’ et ça marche pas mal.

Au ravito vers le 75e km je suis étonné de voir Djodei arriver au moment ou je repars….je suis certains de ne pas l’avoir doublé, et lui ne m’a pas vu passer…bizarre.

Une fois ce ravito passé, on est sur la fin de la nuit et le prochain arrêt correspond normalement à la mi course, et à la traversée en bateau.

Je termine la nuit dans de bonnes conditions et avance toujours en suivant ma stratégie.  Petit détail, heureusement que je connais le parcours parce que mentalement c’est un passage super dur; on voit le bateau mais on tourne et part pour une boucle de 7-8km…une torture quand on en à déjà 80 dans les jambes.

Je me souviens que l’an passé à cet endroit de la course je marchais avec de grosses douleurs sous les pieds. Aujourd’hui je cours en étant presque frais (je dis bien presque)

Ensuite, le bateau, les 4 km qui séparent du gymnase, et enfin le ravito des 90 bornes. On récupère un sac d’affaires propre que l’on à déposé au départ.

C’est un vrai moment important dans la course. On à normalement passé la première nuit et on attaque enfin le retour.

En entrant dans le gymnase, je tombe à ma grande surprise sur les Lapins et Ben. Ils me disent n’être là que depuis 5min…je ne leur dis pas mais je m’interroge. Est-ce que j’ai vraiment un bon rythme? est-ce qu’ils ont eu une défaillance?….étonnant.

En tout cas, un bon repas ( avec gâteau de riz !!), des vêtements propre et sec, quelques soins aux pieds..et c’est réparti.

Alors que Ben fait une pause, je repars avec les Lapins. Je tiens au moins 100m…et je me laisse distancer. Carole est alors 3e au classement et espère rattraper la 2e. Ils avancent donc à une très belle allure, trop belle pour que je la suive. On à Quand même déjà fait 90km et je ne suis plus capable de tenir leur rythme …en même temps, n’est pas Lapin qui veut!!! 🙂

Je maintiens donc ma stratégie. Il fait maintenant très chaud, et les passages ombragés font pas mal de bien. Je commence à sentir une légère surchauffe au niveau du tibia droit. Mais pour l’instant ça avance.

Ravito du 104. Je croise les Lapins sur la fin de leur ravito. Je prends un peu de temps. Et repars. Ça roule toujours. Je suis toujours en chassé croisé avec la runneuse…ça fait une sorte de distraction. Est-ce que je vais la doubler bientôt? Est ce qu’elle va déjà me rattraper?

J’arrive au ravito du 120. Jambon purée, pain saucisson, et madeleines…que j’ai trouvé super bonnes!!! Et je me gave encore de gâteau de riz. Au moment de repartir, je sens les cuisses un peu dures. Je prends donc le temps de m’étirer.

Je croise Ben qui me rattrape. Il à l’air en pleine forme.

Et comme le dirait Dubosc: soudain c’est le drame. Très vite, je dirais après 2-3km je sens un gros coup de fatigue…le truc assomant…

Je me couche donc dans l’herbe, à l’arrache sur le bord de la route. Je suis réveillé pas un runner qui s’inquiète de me voir en vrac, presque dans le fossé. Je me lève péniblement et repars. Mais là douleur au tibia est maintenant très présente.

Jalterne beaucoup plus le périodes de marche et moins de course. Et les périodes de marche sont de plus en plus longues.

Quand je marche, le tibia tire  vraiment et quand je cours je commence à avoir mal au tendon d’Achille. Je ne sais pas ce qui m’a fait basculer, mais ça s’est fait très rapidement, presque brutalement.

Ce qui est frustrant c’est que musculairement ça va.

J’arrive péniblement au ravito du 136. Il est 17h30 ( pour ceux qui ne seraient pas matheux, ça fait 23h30 de course). Je vais directement voir les pompiers pour pouvoir dormir. Je leur demande de me réveiller dans 30min. Mais malgré la fatigué, impossible de dormir, mon tibia me lance trop. Je signale alors mon abandon. Et là, surprise…Les pompiers me demandant de ne pas abandonner, d’essayer de me forcer un peu pour arriver au ravito suivant, au kilomètre 158, auquel il y à des podologue…je maintiens mon abandon les larmes au yeux… déçu d’abandonner, en colère de ne pas être plus courageux….mais un pompier insiste….et m’accompagne pour manger un morceau….

Les 1er du 56 passent à toute allure….je m’assois un moment et décide finalement de repartir…ça monte alors je marche. Lentement et laborieusement…les concurrents du 56 ont presque tous un petit mot d’encouragement ou de félicitation….

Ça booste. Et puis il y à du monde au bord des routes. Tout le monde encourage le jaune que je suis…je suis refais et me remet à courir.

(NB: les coureurs de 177 ont un dossard jaune et ceux du 56 un rouge, c’est grâce à cette différence que je suis autant encouragé par les spectateurs mais aussi les coureurs du 56)

Et là commence un véritable calvaire. Je pense réussir à faire du marche /course pendant 3km, pendant que c’est à peu près plat. Et ensuite, ça remonte, alors je marche….et je n’arriverais pas à me remettre à courir. impossible de courir. 

Je marche vraiment très très péniblement. Dans me tête beaucoup de choses se bousculent. Est-ce que je continue au risque de me blesser vraiement très fort? Est-ce ce que j’essaie de m’arracher coûte que coûte pour etre finisher? Est ce que mon plaisir d’être seulement finisher (sans remplir l’objectif) vaut vraiment le niveau de douleur et de souffrance?

Bref le gymnase du km 158 ne semble pas se rapprocher alors que la nuit, elle, semble tomber assez rapidement…du coup des questions s’ajoutent. Est-ce que j’ai la force de faire une deuxième nuit mais cette fois totalement en marchant, dans la souffrance pour ne même pas atteindre l’objectif….Je pense aussi aux Lapins, Ben et Djodei…ils ont tous l’air d’avoir un mental pour être finisher…je vais être celui à qui on va dire ‘c’est déjà bien d’avoir fait tout ça’

Lorsque que j’arrive au ravito une runneuse du 56 me double en me disant ‘lève la tête, sois fier de ce que tu fais…158km, c’est énorme….’ mais en me disant ça, elle me fait monter les larmes aux yeux…je le sais, je vais abandonner..je n’arrive donc pas être fier. Je m’en veux de me sentir minable d’arrêter et de susciter quand même un peu d’admiration….

Je me rends directement au podologue. Il me confirme que j’ai la tendon releveur très enflé et qu’il ne serait pas très prudent de repartir….un dernier gâteau de riz pour la route.

Je signale mon abandon au pointage. Négocie pour avoir une navette assez rapidement. Je co-voiture avec 2 coureurs du 56 qui s’arrêtent également. 

Je m’endors dans la navette, bataille pour arriver jusqu’aux douches. Pendant la course, même quand tu galères tu avances..une fois la course finit, la motivation, la concentration, la pression..tout retombe. Et 100m de marche peuvent vraiment être une véritable épreuve.

Après quelques heures de sieste dans la voiture, je rentre sur Paris.
Mon sentiment sur cette course est donc surprenant, bizarre. Malgré l’abandon, je suis fier de ma gestion de course. C’est quand même un paradoxe…fier de sa gestion quand on abandonne…

Musculairement, rien à signaler, presque frais. Niveau ampoule et douleurs sous les pieds, RAS l’élasto, judicieusement placé à fait le job. Le crème NOK m’a évité les irritations dans des zones inconfortable (à l’intérieur du caleçon en l’occurrence). C’est vraiment les douleurs aux tendons qui étaient devenues insoutenables, rien d’autres.

Ma gestion de la nourriture. Aux ravitos mais aussi le perso ou je testais du salé avec riz et poulet en tranche. Pas de problèmes gastriques (un peu de poésie 🙂 ) ni de fringale.

Je suis également content d’avoir réussi à tenir aussi longtemps alors que j’étais parti blessé. En y réfléchissant, c’est pas super intelligent de partir blessé, mais c’est une grosse course que j’avais en tête depuis presque un an..et qui n’a lieu qu’une fois par an. Alors en étant seulement affaibli, hors de question de ne pas m’engager!

Néanmoins ça reste un abandon. Un échec. Si j’avais été plus courageux, plus fort mentalement, j’aurais fini en marchant…et vu l’avance que j’avais par rapport à l’an passé je battais largement mon record….mais sur le moment, je ne voyais que la douleur, associée à la longueur de la nuit. Le fait de marcher seul, dans la noir complet, juste avec la frontale….j’en avais pas la force.

En tout cas je ne referais pas cette course en 2017. Je veux en faire d’autres pour l’instant. J’y reviendrais à coup sur 2018 ou 2019… d’ici là j’ai le temps de voir venir. 

Mais ce qui est sûr, c’est que si min fantasme ultime de runner de faire péter  les 3h30 sur marathon, passer sous les 30h à l’ultramarin devient pour moi une réelle ambition.

En cliquant ici et  tu pourras  voir les vidéos des Lapins.

En cliquant ici tu verras la vidéo de Djodei

Inutile de ménager le suspens, je suis dans les 2 🙂
A bientôt et bon running.